3 Septembre 2025
Dans les années 1930, il y a 43 écoliers dans la classe de Melle Houssé
En 1932, une photographie individuelle de leur enfant est proposée aux familles, dans un bel encadrement campagnard.
Pour chaque classe, on retrouve la traditionnelle photo de groupe.
On voit que le sol de la cour est en terre (et va le rester encore des dizaines d’années puisque c’était encore le cas dans les années 60).
Pendant la récréation, les écoliers jouent aux billes, précieusement conservées dans un petit sac. Le plus souvent, elles sont en terre cuite car moins chères. Quelques enfants ont la chance d’avoir une bille en verre mais elle peut valoir jusqu’à 50 billes de terre.
Les filles jouent à la ronde, la corde à sauter ou la marelle.
Pour la ronde, elles ont des comptines : « un fermier dans son pré », « dansons la capucine », « la fille du coupeur de paille »… et bien d’autres.
Elles peuvent aussi se tenir, face à face, par les mains, pour former une sorte de pont, sous lequel les autres passent, en chantant « les houx sont coupés », « la p’tite hirondelle, …
Les écoliers de Saulx apprennent grâce au livre « Au jardin des images » qui est une méthode de lecture « intuitive et active » avec des dessins, de la lecture et de l’écriture.
Pour les « grands », le curé de Saulx de l’époque propose aux familles des bons élèves ayant obtenu le Certificat et qui veulent s’orienter vers des études professionnelles d’aller en internat à « L’Hermitage de Sannois » (dans le département de Seine-et-Oise à l’époque et dans le Val d’Oise aujourd’hui). C’est un établissement fondé par l’abbé Rudynski que l’archevêque de Paris appelle « le prêtre ferrailleur ».
L’école est installée dans un domaine de 23 hectares avec des ateliers de mécanique,
Il y a un internat et même une piscine car l’abbé attache beaucoup d’importance au sport et à l’éducation physique.
A la mort de l’abbé, en 1942, c’est « l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil » - OAA (appellation d’origine des Apprentis d’Auteuil) qui prendra la suite.
Les enseignements professionnels, à la sortie du primaire obligatoire, ne comptent que des effectifs très faibles.
Depuis 1936, la loi Jean Zay prolonge l'instruction obligatoire jusqu'à 14 ans et le premier but reste toujours d’obtenir le certificat d’études.
Les candidats ont entre 11 et 13 ans et les épreuves se déroulent toujours au chef-lieu de canton, c’est-à-dire à Longjumeau pour les élèves de Saulx.
Les épreuves sont variées : dictée, arithmétique, histoire, géographie, sciences naturelles mais aussi solfège, instruction civique, éducation morale et savoir-faire en matière d’agriculture ou de couture !
Avant d’y arriver, durant l’année scolaire 1937-38, au Cours Moyen les 12 écoliers du « CM1 », (comme ceux des autres classes) ont un carnet de correspondance comme celui-ci :
En 1939, il y a toujours de la morale au programme et l’instituteur apprécie le soin et le travail fourni.
Le « protège cahier rouge » fournit les tables de multiplication
Et il est nécessaire d’avoir un buvard pour éponger l’encre déposée par le porte-plume.
Dans le cahier de sciences, les dessins sont précis et les leçons en rapport avec la « vie quotidienne ».
Cela permet probablement de comprendre comment « l’eau de la source des Bouillons » est distribuée dans la commune.
En 1940, Philippe Pétain, « chef de l’Etat Français », considère que la défaite est en partie due à la formation dispensée dans les écoles sous la IIIème République ; il décide de modifier les programmes scolaires. Le 4 février 1941, il fait diffuser le message suivant : l’école doit « édifier un nouvel homme » qui aura le sens des « sacrifices » et le « goût du travail ». Elle doit aussi développer une morale du « devoir » et non des « droits ».
L’éducation de la morale, centrée sur la devise de l’Etat Français « Travail, Famille, Patrie » est une discipline essentielle. Les instituteurs doivent transmettre aux élèves l’amour pour la terre, l’importance de la famille et l’amour de la patrie !
Le culte du Maréchal est une réalité dans les écoles : cela commence par le portrait de Philippe Pétain qui est affiché dans chaque salle de classe mais ce culte est aussi intégré dans l’enseignement sous la forme de dessins, messages radiophoniques, ventes de bienfaisance etc. comme des cartes postales que chaque élève se doit d’acheter !
Des lettres au Maréchal sont rédigées, le chant « Maréchal, nous voilà » est appris et chanté en classe, du matériel scolaire à son effigie est vendu.
Dans une même classe, les enfants, selon le niveau dans lequel ils sont, peuvent avoir 5 ans d’écart !
La commune sera occupée par les Allemands du 15 juin 1940 au 23 août 1944 mais nous en reparlerons une autre fois.
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Nos remerciements vont à Marie-Claude pour le prêt de ses photographies et à Michel pour le relevé des noms des enfants. Merci également aux descendant(e)s de la famille Viallard pour leurs recherches au sein de leurs archives familiales.
Nos listes de noms comportent encore des éléments à vérifier ou à compléter. Nous comptons sur votre vigilance pour nous aider à les rendre exactes.
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