25 Février 2026
1920 – C’est une élection présidentielle pour trouver un successeur à Raymond Poincaré. Georges Clémenceau, « le Père la Victoire », est donné favori du scrutin mais il se retire.
Le seul candidat est Paul Deschanel et il sera élu avec le plus grand nombre de voix jamais obtenu sous la IIIème République.
Il sera président pendant 7 mois et son état de santé le conduira à démissionner. Désorienté, il était tombé d’un train en marche, vers minuit, près de Montargis. Il se retrouve à côté de la voie ferrée, en pyjama et ensanglanté. Il marche, rencontre un cheminot qui le conduit jusqu’à la maison de garde barrière où il est mis au lit. La femme du garde-barrière aurait dit : « j’avais bien vu que c’était un Monsieur : il avait les pieds propres ! ».
A Saulx, il y a 345 électeurs et 11 inscriptions pour des hommes habitant depuis plus d’un an dans la commune alors que 8 ont été « radiés » : 1 est décédé et les autres partis dans d’autres villes.
On retrouve toujours les métiers liés à la terre, au travail du cuir, aux commerces, mais aussi de nouvelles professions : 3 forgerons, un ouvrier d’usine, un électricien, un approvisionneur, un vannier qui est Charles Paternotte,
et un « artisan graveur » Raoul Brunet né 15 mai 1881, il habite à Saulxier.
Nous n’avons pas retrouvé d’information sur cette personne mais un graveur peut travailler sur différents supports : le bois, le métal ou la pierre comme pour la marbrerie funéraire par exemple.
1930 : il y a 362 votants, sans liste d’ajout ou de radiation. Les « nouveaux métiers » qui s’affichent sont : livreur, chauffeur d’auto à Paris pour Charles Barruet, typographe pour Maurice Buret et Théodore Bron, métallurgiste pour Hyppolite Forest.
Lucien Leliard est « imprimeur » à Brazzaville ce qui est encore plus « exotique » pour Saulx. Il est chef du Service de l’Imprimerie du Gouvernement, pour le Congo qui fait alors partie de l’Afrique Equatoriale Française. En congés, il est à Saulx au moment du vote.
L’Imprimerie du Gouvernement (qui est maintenant l’Imprimerie Nationale) s’occupe des documents « officiels »
Jules Letellier, qui habite rue de la Gare et Louis Schlegel, dans la grande rue, (en face du bureau de tabac actuel), sont tous les deux « industriels », Paul Millet, agent de police, Daniel Mulot, mécanicien à La Tuilerie, Marcel Sabinaud est plombier, Lucien Taveau, ingénieur.
1939 : ce sont des élections présidentielles pour lesquelles, il y a 378 votants et pas de liste d’ajout ou de radiation.
Si on cherche des professions qui n’ont pas été citées dans les listes précédentes, on va trouver un employé à la STCRP : c’est la Société des Transports en Commun de la Région Parisienne.
Lorsque les Salucéens en parlent, ils abrègent en TCRP.
Ces transports sont assurés, en surface, avec des bus ou des tramways, par rapport au métro qui est souterrain et dont la première ligne a été inaugurée pour l’Exposition Universelle de 1900.
En 1922 et 1924, la STCRP absorbe plusieurs « petites » compagnies dont le Chemin de Fer Paris-Arpajon, le « P. A. », dont la partie électrifiée devient la ligne 88.
L’entreprise modernise le réseau des tramways, puis les remplace par des autobus. Le dernier tramway exploité par la TCRP est supprimé en 1938.
Cette société fonctionnera de 1921 à 1941 avant d’être absorbée, le 1er janvier 1942, par la Compagnie du Chemin de Fer Métropolitain de Paris qui deviendra la Régie Autonome des Transports Parisiens, « RATP » après la Libération.
Dans la liste des électeurs, on voit aussi un fleuriste, deux confiseurs, un secrétaire (de mairie), un couvreur, un représentant et un ferblantier. Ce dernier fabrique et vend des objets en fer-blanc, c’est-à-dire des éléments en fer recouvert d’une fine couche d’étain. Il peut faire des casseroles, bassines, outils, … mais aussi assurer l’étanchéité des toits, proposer des tuyaux de descente, conduits de cheminée, etc.
Les adresses se précisent un peu. La grande majorité (soit plus de 200 hommes) habite dans la « Grande Rue » (rue de la Division Leclerc ) pour 71 dans la rue de Villebon ; 44 à Saulxier et 13 au Rocher. Il y en a 17 « rue de la Gare » (rue du Lieutenant Emile Fontaine ), 3 rue du Rocher, 2 route de Longjumeau (rue Salvador Allende, mais ce ne sont pas les habitants du moulin qui eux sont enregistrés dans la Grande Rue ),
Il y en a aussi 2 rue de Boutigny, 2 rue de la Buoterie (le « H » n’est pas écrit), 2 à la mairie (le secrétaire de mairie et l’instituteur), 1 route de Champlan, pendant que 6 autres habitent « hors commune » : Palaiseau, Villers (actuellement Villiers, hameau de Villebon, mais les Salucéens ont toujours prononcé « Villaire » et le deuxième « i » n’est pas écrit pour ce lieu…), Paris (2), Aulnay et Chambry (Aisne).
21 avril 1944 – Le 21 avril 1944, Charles de Gaulle signe une ordonnance pour que les femmes obtiennent le droit de vote. C’est presque un siècle après les hommes.
Elles sont les dernières du monde occidental à conquérir ce droit. Depuis 1893, la Nouvelle Zélande a accordé ce droit comme l’Australie, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Allemagne, la Birmanie, l’Azerbaïdjan, …
Dans son discours, le Général de Gaulle affirme que « le régime nouveau doit comporter une représentation élue par tous les hommes et toutes les femmes de chez nous » : c’est l’égalité politique des sexes.
Si on repart en arrière concernant le vote des femmes, en 1790, Condorcet écrit la brochure « Sur l’admission des femmes au droit de cité ».
En 1791, Olympe de Gouges écrit la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Elle dit : « la femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune ».
Le Code civil de Napoléon de 1804 a inscrit l’infériorité des femmes dans la Loi. Ce sont les femmes de la haute société qui vont mener le combat comme Olympe de Gouges
Vers 1880, Hubertine Auclert revendique le droit de vote comme prioritaire car « qui ne vote pas, ne compte pas ». Pour ses impôts, elle dira aussi : « les femmes qui subissent les Lois et paient les impôts, ainsi que les hommes, doivent avoir, comme eux, le droit de voter … Je n’ai pas de droits, donc je n’ai pas de charges : je ne vote pas, je ne paie pas ». Elle est l’une des premières à utiliser le nom de « suffragette ».
En 1936, trois femmes sont nommées pour exercer des fonctions gouvernementales en qualité de sous-secrétaires d’Etat dans le gouvernement du Front Populaire.
A certains endroits, des initiatives locales, permettent aux femmes de s’exprimer. Ce sera, par exemple, le cas pour la Corse, libérée dès 1943, où des élections municipales sont organisées, de manière informelle, souvent à main levée. Certaines d’entre elles sont élues comme Renée Pagès-Périni.
Le 29 avril 1945, les Françaises votent pour la première fois pour les élections municipales. Elles représentent 53 % du corps électoral. En 1951, ce chiffre monte à 54 % mais les femmes sont également les ¾ des abstentionnistes.
7 mai 1946 – tous les habitants de l’empire colonial sont proclamés citoyens. Avant, les « autochtones » d’Outre-Mer ne pouvaient pas voter.
Les citoyens français dans les colonies «conservent la jouissance de tous les droits qu’ils ont dans la métropole … ils emportent leur statut avec eux», même si une différence existe puisqu'il n'y a pas de député ou d’élections locales.
Depuis 1865, les Algériens peuvent demander la citoyenneté française, mais ce n’est proposé qu’à partir de 1912, donc quasiment 50 ans après, pour les hommes « indigènes ». Ces hommes se placent sous la loi française et abandonnent les règles coutumières, particulièrement pour le droit de la famille et celui de la succession. C’est la polygamie qui est directement visée. Par ailleurs, Il faut avoir travaillé au moins 10 ans pour une administration ou une entreprise française, maîtriser la langue française et avoir de bons revenus car l’Etat ne veut pas d’indigents.
En 1917, il y a eu une vaste campagne de recrutement en Afrique (les Tirailleurs Sénégalais ou les Zouaves, par exemple) avec la promesse de la citoyenneté pour les soldats au nom de la dette du sang. « La France appelle de nouveaux soldats noirs. Notre victoire sauvera notre "race" en même temps que la leur ».
Une bonne partie d’entre eux vont rester sur le continent africain pour défendre les enjeux stratégiques des régions riches de matières premières et de ressources minières. Ceux qui vont mourir (178 000 Algériens, 35 000 d’Afrique Sub-Saharienne) ne le sont pas obligatoirement à cause des canons mais souvent de pneumonies ou autres maladies dûes au froid.
Au sortir de la guerre, on n’exigera pas qu’ils maîtrisent le français comme pour les autres demandes mais il faudra qu’ils aient été décorés de la Légion d’Honneur ou de la Médaille Militaire !
Les « indigènes » ont également des droits civiques. Par exemple, en Algérie, ils peuvent voter aux élections locales. A d’autres endroits, ils jouissent du « droit de cité française ». En Cochinchine, ils ont un droit de cité indigène et « il est des colonies où les indigènes n’ont aucun droit de cité … »
23 juin 1956 – suffrage universel et collège unique dans les territoires d’Outre-Mer
A cette époque, l’Empire Français va du Sahara à l’Equateur avec 12 territoires regroupés en 2 fédérations : l’Afrique Occidentale Française (AOF) et l’Afrique Equatoriale Française (AEF) auxquelles il faut ajouter 2 anciennes colonies allemandes, le Togo et le Cameroun, que la Société des Nations a placées sous tutelle française.
C’est le Gouverneur Général (nommé par le Président de la République) qui a tous les pouvoirs. Depuis 1946, tous les Africains jusque-là « sujets » de la France sont devenus citoyens mais, pour la grande majorité, n’ont pas le droit de vote. Il n’y a que les « notables évolués, titulaires de décorations, fonctionnaires, militaires, commerçants, planteurs, … » qui le peuvent.
Parmi les élus africains, Félix Houphouët Boigny et Léopold Sédar Senghor sont porte-parole des populations pour élever le niveau de vie, obtenir l’égalité des droits et mettre fin à la ségrégation raciale. Ils ne veulent pas sortir de la République Française mais l'aménager pour vivre en paix et ensemble.
A Saulx, en 1965, c’est la liste d'Union de la Gauche conduite par Jean-Marc Bernard, en place depuis 1959, qui sera réélue
Dans les années 1970, la participation féminine aux scrutins devient progressivement comparable à celle des hommes même si la majorité des candidats reste des hommes.
1971 – Ce sont des élections communales qui ont lieu.
Deux listes s’affrontent : « la liste d’union de la gauche » et « la liste d’union pour l’avenir de Saulx-les-Chartreux».
Des femmes insistent pour trouver leur place dans les élections ce qui amène la « Ligue des Femmes de France » à adresser une lettre ouverte au maire de Saulx, qui se représente, mais sans aucune candidature féminine dans sa liste.
Les candidates de cette élection seront Gisèle Cretté et Gabrielle Viallard, toutes les deux mères de famille à cette époque.
Et c’est la liste conduite par Jean-Marc Bernard qui sera réélue, comme en 1977 et 1983.
1974 – Valéry Giscard d’Estaing est Président de la République et abaisse la majorité à 18 ans. Raymond Aron (philosophe et sociologue) dira : « demander aux jeunes de 18 ans de décider de ceux qui nous gouverneront est un pari ».
En 1971, dans son programme, la liste conduite par Jean-Marc Bernard soutenait cette disposition.
1979 – Premières élections européennes.
1986 – Elections des conseillers régionaux qui élisent eux-mêmes les présidents de région.
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