Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Notre groupe a pour objet de collecter, d’échanger et de conserver la mémoire vivante de SAULX-LES-CHARTREUX. Souvenirs, photos, documents et anecdotes sont bienvenus sur ce site. .

Un Saut dans le Temps

LA TANNERIE ANDRÉ

Pour compléter les articles précédents, l’histoire de l’entreprise André mérite quelques lignes.

Au départ, il y a la manufacture nancéienne de chaussures d’Alexandre Cahen. En 1896, l’entreprise est rachetée par Albert Levy (et sa femme Barbe). Cet Alsacien de 23 ans est dans la confection et arrive à Nancy après l’annexion de l’Alsace qui a suivi la défaite de la guerre de 1870.

Le but est de fabriquer des chaussures bon marché et la confection artisanale doit passer à un stade industriel. Ce couple s’associe avec Louis Lamotte, graveur, puis, en 1903, avec Jérôme Levy, notaire de Toul (même si ils ont le même nom, ils ne sont pas parents). Ils vont constituer le premier réseau de vente.

LA TANNERIE ANDRÉ

Ils ouvrent des magasins « Mathieu », à Paris, pour vendre des produits à prix bas et à marge réduite. Ils achètent 2 boutiques André (une boulevard Barbès et une avenue de St Ouen) ce qui leur fait adopter ce nouveau nom pour leur enseigne. Il se base toujours sur des prix abordables, pour des produits de qualité, en fabrication artisanale, robustes et avec un large choix. 

La « Société des Chaussures André » va aussi acheter des entreprises existantes dans notre secteur.

En 1920, ce sera l’usine de cordonnerie fondée par les frères Mantin en 1851, à Arpajon. Dès 1861, elle employait environ 150 ouvriers et, à la fin du XIXe siècle, elle produisait en moyenne 1 500 paires de chaussures par jour, dont une grande partie était destinée à l'exportation

Cordonnerie d'Arpajon

Cordonnerie d'Arpajon

Manufacture de chaussures d'Arpajon qui, en 1936, compte  650 employés

Manufacture de chaussures d'Arpajon qui, en 1936, compte 650 employés

Usine André d'Arpajon

Usine André d'Arpajon

Au début du XXème siècle, la société André est considérée comme étant très moderne.

En 1906, ils ont 12 magasins, 57 en 1914 (dans lesquels ils vendent 500 000 paires de chaussures) dont la moitié est à Paris

Magasin du Faubourg du Temple

Magasin du Faubourg du Temple

Dans les années 1930, André est le premier producteur français de chaussures puisqu’ils en fabriquent 10 %

C’est à cette époque que ses dirigeants vont engager le publicitaire Marcel Bleustein Blanchet, fondateur, en 1926, avec son frère Georges, de l’agence Publicis. Ce nom vient du mot « publicité » et du dernier chiffre de 126 et de 1906 qui est son année de naissance.

A ce moment-là, on parle de « réclame » et ils vont trouver leur premier slogan : « André, le chausseur sachant chausser » qui sera même imprimé sur les tickets de métro, des buvards, protège cahiers, …

Ticket métro - Buvard -protège cahierTicket métro - Buvard -protège cahierTicket métro - Buvard -protège cahier

Ticket métro - Buvard -protège cahier

En 1932, la Société des Chaussures ANDR reprend l’entreprise Whitechurch, la tannerie de Longjumeau, pour augmenter sa production et maîtriser l’ensemble de la chaine de production jusqu’à la vente en magasin. Ils ont également trois usines de chaussures, deux à Nancy et toujours celle d’Arpajon.

Le tout est complété par une usine de talons de bois et de caoutchouc et de formes pour chaussures à Châtillon-sur-Seine,

LA TANNERIE ANDRÉLA TANNERIE ANDRÉ
LA TANNERIE ANDRÉ

Il y a également deux ateliers de piqûres et de réparations, l’un à Angerville, l’autre rue Delouvain à Paris

Magasin 24 boulevard Saint Denis à Paris

Magasin 24 boulevard Saint Denis à Paris

A partir de 1934, des chaînes de montage sont mises en place dans l’usine André de Nancy où travaillent 2 000 salariés dont 75 % de femmes. Les conditions y sont assez difficiles.

Ouvriers sortant e l'usine de Nancy

Ouvriers sortant e l'usine de Nancy

En 1936, il y aura 130 boutiques
En 1936, il y aura 130 boutiques
En 1936, il y aura 130 boutiques

En 1936, il y aura 130 boutiques

Les Lévy sont juifs et, de 1940 à 1944, la législation antisémite adoptée par le gouvernement de Vichy implique que l’entreprise est placée sous administration provisoire. Malgré la politique d’aryanisation, « André » ne sera ni vendue, ni liquidée et l’entreprise survit à l’Occupation

En 1944, il y a 150 boutiques en France et en Algérie, dans des grandes villes, dans les rues les plus commerçantes ce qui constitue un patrimoine immobilier important. Ils vont avoir des succursales et des franchisés. Le but est de chausser toute la famille à bas prix

Magasin de Marseille
Magasin de Marseille

Magasin de Marseille

Quand un magasin se situe loin de clients potentiels, l’entreprise a recours à un « auto magasin », comme celui-ci en Algérie.

Quand un magasin se situe loin de clients potentiels, l’entreprise a recours à un « auto magasin », comme celui-ci en Algérie.

Le volume des ventes va doubler et André devient n° 1 de la chaussure en France, devant Bata.

Les boutiques sont souvent tenues par des couples et les modèles ne sont pas toujours exposés : en vitrine, il peut y avoir des piles de boites et les commerçants sont là pour les conseils.

En 1956, l’usine d’Arpajon a cessé ses activités. Pour soutenir leur grève, les employés proposaient au public d’acheter un ticket 1 franc

LA TANNERIE ANDRÉ
LA TANNERIE ANDRÉ

En 1955, l'usine de Longjumeau va fermer à son tour. 

Le slogan : « 10 millions de paires vendues par an – 1er chausseur de France » figure sur la publicité des magazines

Il y aura  même des  « images dédicacées » des vedettes de l’époque, ici, celle du chanteur Alain Barrière et avec lesquelles on peut constituer une collection. 

LA TANNERIE ANDRÉ
LA TANNERIE ANDRÉ

En 1980, l’entreprise créé la « Halle aux chaussures » et la « Halle aux vêtements » mais un actionnaire majoritaire va les en faire sortir.

En 1981, le 500ème magasin s’ouvre et en 1995, le groupe André est n° 1 de la distribution de chaussures avec 12 usines, 11 centres de répartition et 2 400 points de vente. Leur nouveau slogan est : « André tout va bien »

En 1990, l’entreprise rachète des marques de prêt à porter (Minelli, Pataugas, Kookaî, Caroll, …).

En un siècle, l’entreprise n’aura connu que 3 dirigeants

Jusqu’en 2000, l’entreprise est très stable, puis il y a une prise de contrôle impromptue par un Anglais de 28 ans, Nathaniel de Rotschild, et une grosse restructuration va être entreprise : boutiques vendues ou fermées, d’autres transférées sous diverses enseignes. En 2001, le groupe devient Vivarte.

De 2012 à 2016, 5 directeurs généraux et 5 présidents vont se succéder.

En 2018, après des rachats successifs, c’est Spartoo qui est propriétaire et en a racheté une histoire, un savoir-faire et un réseau. Ils veulent concurrencer Sarenza. Les effectifs passent de 400 à plus de 1 000 personnes mais le marché a changé : le public préfère les chaussures de sport aux mocassins de cuir.

En mars 2020, la marque dépose le bilan : victime du Covid ? Il n’y a pas liquidation mais beaucoup de fermetures et de licenciements. Un nouveau PDG rapatrie la production en Italie, Espagne et Portugal, avec des cuirs européens.

En 2023, le tribunal de commerce de Nanterre prononce la poursuite de l’activité du chausseur.

---------------------------------------

Peut-être avez-vous des anecdotes ou des images concernant l'usine André de Longjumeau ? Vous pouvez en faire profiter nos lecteurs.

----------------------------------------

Partagez, abonnez-vous, abonnez vos proches, vos amis. Inscrivez vous, ci-dessous, à la newsletter. 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article